Tunisie : un commerce extérieur en voie de redressement
Le commerce extérieur tunisien montre des signaux encourageants en ce début d’année 2025. Selon les dernières statistiques du ministère du Commerce et du Développements des exportations, le déficit global de la balance commerciale a reculé pour atteindre 1 672,4 millions de dinars au cours des deux premiers mois de l’année, portant le taux de couverture à près de 75%.
Cette dynamique se reflète également dans les échanges avec les partenaires africains. Avec les pays de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le déficit s’est contracté de plus de 35%, passant de 925 millions de dinars au premier trimestre 2024 à environ 600 millions sur la même période en 2025. Du côté du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), la balance commerciale enregistre un excédent en hausse de 16,5% sur les six premiers mois de l’année.
Au-delà des chiffres, la position géographique stratégique de la Tunisie, carrefour entre l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Europe, renforce le rôle du commerce extérieur comme moteur essentiel de la croissance nationale. Ce positionnement confère au pays un atout certain pour affronter les éventuels chocs régionaux et mondiaux.
Sur le plan sectoriel, plusieurs filières confirment leur robustesse. L’agriculture, le phosphate, les industries manufacturières, ainsi que le textile et l’habillement, affichent des performances stables, traduisent une résilience face aux turbulences économiques. Les prévisions de l’observatoire nationale de l’agriculture (Onagri) annoncent par ailleurs des perspectives favorables pour les exportations d’huile d’olive, d’agrumes et de dattes.
Les opportunités ne se limitent pas aux produits traditionnels. Les exportations de biens et services à forte valeur technologique constituent un levier de croissance majeur. La Tunisie dispose déjà d’une avance notable dans ce domaine par rapport à plusieurs pays concurrents, et le renforcement de cette orientation pourrait considérablement accroître sa compétitivité. Pour la suite de l’année 2025, les perspectives restent positives, laissant entrevoir une reprise progressive. Des défis persistent toutefois, notamment la hausse des prix e certaines matières premières et la pression accrue sur les chaînes d’approvisionnement, facteurs susceptibles d’influer sur les coûts d’importation et la compétitivité à l’export.